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L’été sans fin

Au cœur d’un bel été indien, j’entame le projet de la maison E. Je décide de marquer davantage l’engagement de mon travail créatif. E, cette lettre qui débute un bon nombre de mots évocateurs pour moi : être, essentiel, épure, écologie, évidence, éventaire, esthétique, expérience... donnera naissance au nom du projet. Une manière de rassembler au même endroit mes idées, mes créations et mes recherches sur l’art de vivre aujourd'hui.

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Je constate, comme tant d'autres, que notre mode de vie occidental nous pousse à fonctionner excessivement, nous sommes soumis à un système d’excellence lorsqu’il s’agit de la vie de famille, de la vie professionnelle, de notre image, de ce qui nous appartient – nous voulons nous montrer sous notre meilleur jour, la réussite devient un impératif. Cela nous pousse à vivre à cent à l'heure. Cette course est un leurre et nous nous épuisons. Ce que Niko Peach appelle la "tragédie de l'insuffisance". Tout cela a un coût social et environnemental, arrêtons de vouloir plus et de comparer nos vies.
Avec la maison E, j’aimerais que nous regardions les choses sous un autre angle et j’aime à croire que nous sommes à l’aube d'une nouvelle période. Les langues se délient, les esprits s’éveillent, ce qui étaient sujet de niche deviennent sujet de société. Ne ressentez-vous pas ce besoin de retour aux sources? Par exemple, votre rapport à la nourriture n’a-t-il pas changé ces dernières années? Ou votre besoin de prendre soin de vous, de vous poser les bonnes questions? Je pense que nous sommes en transition.

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J’ai envie de vivre ce changement et j’ai envie d'y participer. D’agir à mon niveau et de ne pas me résigner. Profiter davantage de la vie, du présent, continuer de créer des objets naturels et intemporels fabriqués artisanalement et surtout apprendre à cultiver cette vie simple. Charles Wagner, dans son ouvrage La Vie simple disait : "La complication de la vie nous apparaît dans la multiplicité de nos besoins." Et à propos de ce que l’on appelle aujourd'hui le développement technologique, il souligne que le but était la simplification de l’existence au moyen d'actions perfectionnées mais que pour autant, ni le bonheur, ni la paix sociale, ni l’énergie n’ont augmenté. Il faut savoir que Charles Wagner a écrit ces mots en 1908, cela paraît si contemporain pourtant, c’est incroyable. Alors, essayons de désencombrer nos espaces, privilégions ce dont nous avons vraiment besoin, juste l’essentiel, juste ce que nous préférons.

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J’ai choisi d’appeler cet espace L’observatoire. Généralement, il sert plutôt à contempler les étoiles, celui-ci guettera attentivement nos modes de vie, les changements de la société et ce qui se passe ailleurs. C’est enrichissant de découvrir d’autres quotidiens, d’autres points de vue et d’archiver ici toutes mes rencontres. J’espère que vous aurez plaisir à suivre ces découvertes. Evidemment, tout cela est fait en toute simplicité, sans vérité absolue, bien au contraire. La maison E est un projet que je souhaite vivant, collectif et en perpétuel mouvement pour continuer à apprendre. Cela donne du corps et intérroge mon travail de designer, créer des objets aujourd'hui pose question. Ne pas sur-produire est prioritaire pour moi, de même que de travailler artisanalement et exclusivement avec des matériaux naturels – trouver l’équilibre entre le beau, l’utile et le juste. J'aime l’idée que les objets vivent aussi leurs vies et puissent être transmis de génération en génération.

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 Se rassembler autour d'une table, en pleine nature et créer du lien. Valoriser la beauté des choses imparfaites, simples. Apprécier ce qui nous entoure... Tout cela n’a rien d'extraordinaire et tant mieux. Il est simplement là, l'équilibre. Rien n'est acquis mais ce long cheminement pour se sentir plus libre et plus vivant vaut le coup. C’est une question de volonté, c’est sûr. Mais consommer de manière raisonnée, favoriser les circuits courts, ne pas négliger la qualité, ne plus vouloir gaspiller et préférer ce qui dure et en prendre soin, c’est gratifiant. Car le jour où l’on sait ce que tout cela implique, on ne peut plus faire comme si l’on ne savait pas et cela devient un art de vivre.
Je vous laisse et je vais profiter de ce déjeuner en famille au milieu des champs.

Caroline

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Photos Studio Caroline Gomez.

rencontres & réflexions

L’observatoire

Depuis son observatoire, la maison E considère avec attention l’évolution de nos modes de vie, le temps qui nous échappe, cette manie de l’époque actuelle de tout faire et vouloir vite, les perturbations climatiques, le sort de la nature et donc de notre alimentation… J’ai donc décidé de partir à la rencontre de personnes qui pourraient m’éclairer et me permettre d’avancer, un pas après l’autre afin de mieux comprendre ce qu’il en est.
Je partage ici avec vous mes découvertes, mes sources et mes rencontres. Bonne lecture !
 

L’été sans fin, une prise de conscience qui fait du bien
Julie Pointer Adams, Wabi-Sabi Welcome
Martine Camillieri, la cuisine de peu

 

 

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